Intervention du Directeur général, Maximilien Gueibe.
En fin de séance, le Directeur général a souhaité prendre la parole afin d'exprimer son soutien à l'ensemble des agents de l'administration communale.
Il a rappelé que le débat démocratique et la critique des décisions publiques sont essentiels, mais a regretté que certaines prises de parole, notamment sur les réseaux sociaux, s'en prennent désormais aux institutions et aux personnes qui les font vivre au quotidien :
« Monsieur le Président,
Si vous me le permettez, j'aimerais prendre quelques instants pour m'adresser aux membres du Conseil communal et, plus largement, à l'ensemble des citoyens libramontois.
D'aucuns penseront peut-être que je sors quelque peu de mon rôle de Directeur général. Pourtant, j'ai souhaité prendre la parole ce soir, non pour évoquer un dossier en particulier, mais parce que je constate avec regret, comme beaucoup d'autres responsables publics d'ailleurs, une évolution préoccupante de certains modes d'expression, notamment sur les réseaux sociaux. Au-delà de la critique légitime des décisions publiques, ce sont désormais les institutions elles-mêmes, ainsi que les femmes et les hommes qui les servent, qui sont mis en cause.
Si je prends exceptionnellement la parole ce soir, c'est parce que cette préoccupation dépasse le seul cadre de notre commune. Elle concerne le respect que nous devons aux femmes et aux hommes qui servent chaque jour nos institutions publiques, souvent avec discrétion, toujours avec professionnalisme et dans le seul souci de l'intérêt général.
Chacun est naturellement libre d'exprimer son opinion, de questionner les décisions prises par les autorités communales, de formuler des critiques ou de marquer son désaccord. Cette liberté est d’ailleurs précieuse et constitue, à mes yeux, l'un des fondements essentiels de notre démocratie.
Cependant, je constate depuis quelque temps une multiplication de publications sur les réseaux sociaux qui dépassent le cadre du débat d'idées. Des affirmations inexactes, des procès d'intention, des accusations formulées sans vérification préalable ou encore des commentaires blessants circulent de plus en plus fréquemment.
Plus préoccupant encore, ces attaques ne visent désormais plus seulement les élus, qu'ils appartiennent à la majorité ou à la minorité. Elles s'adressent aujourd'hui également, parfois directement, aux membres de l'administration communale, à des agents qui accomplissent leur mission avec professionnalisme, neutralité et dans le respect des règles qui leur sont imposées.
Ces femmes et ces hommes ne prennent pas les décisions politiques. Ils mettent en œuvre les décisions des autorités compétentes, qu'elles soient communales, régionales ou fédérales, et assurent chaque jour la continuité du service public au bénéfice de tous. Ils ne devraient jamais devenir la cible d'attaques personnelles, d'insinuations ou de mises en cause publiques.
Je le répète, La critique des décisions est parfaitement légitime. La mise en cause des personnes ne l'est pas.
Il est évidemment tout aussi légitime de poser des questions, de demander des explications ou de solliciter des informations. Notre administration est là pour y répondre, dans le respect des règles applicables et des informations dont elle dispose. Bien souvent, un simple échange permet d'éviter les malentendus ou de corriger des informations incomplètes.
Nous avons la chance de pouvoir compter sur un personnel compétent, disponible, engagé et profondément attaché au service de la population. Cette richesse humaine est précieuse. Nous avons tous le devoir de la préserver.
Les dossiers communaux sont souvent plus complexes qu'ils n'y paraissent. Ils sont encadrés par des dispositions légales, des procédures administratives et des contraintes qui ne sont pas toujours visibles ou compréhensibles pour le grand public. Avant de réagir ou de relayer une information, il est donc toujours utile de prendre le temps de se renseigner auprès des services compétents plutôt que de se fier à des informations incomplètes ou à des réponses générées sans connaissance du contexte local et de la législation applicable.
Les réseaux sociaux sont devenus des outils de communication puissants. Ils peuvent favoriser les échanges et renforcer la participation citoyenne. Certains utilisateurs l’emploi à bon escient et deviennent même des ressources pour notre administration. Mais les réseaux peuvent également amplifier des informations erronées, nourrir les tensions et porter atteinte à des personnes qui, en raison de leur devoir de réserve, ne peuvent ni ne souhaitent répondre publiquement.
En ma qualité de Directeur général et au nom de l'administration communale que j'ai l'honneur de diriger, je souhaite lancer un appel simple : un appel au respect, à la responsabilité et à la mesure.
Le respect des personnes, qu'elles soient élues, quelle que soit leur sensibilité politique, ou membres du personnel communal.
Le respect des faits, en privilégiant toujours la vérification avant la diffusion d'informations.
Et enfin, le respect de notre institution communale, qui ne peut remplir efficacement ses missions que dans un climat de confiance, de sérénité et de dialogue.
Je tiens à remercier très sincèrement l'ensemble des agents communaux de Libramont et, au-delà, toutes celles et tous ceux qui, dans nos communes, œuvrent chaque jour au service de la population. Leur travail est souvent discret, parfois difficile, mais il est indispensable au bon fonctionnement de nos collectivités.
Je souhaite également remercier les vingt et un membres de ce Conseil communal. Au-delà des débats, des divergences et des sensibilités politiques qui sont l'essence même de la démocratie, chacun d'entre vous consacre du temps et de l'énergie au service de notre collectivité.
Au-delà de nos fonctions, de nos responsabilités ou de nos sensibilités, nous poursuivons tous le même objectif : faire de Libramont une commune où il fait bon vivre, où chacun peut compter sur des institutions solides, sur des élus engagés et sur une administration digne de confiance.
C'est ensemble, dans le respect des personnes, de la parole de chacun et de l'intérêt général, que nous continuerons à y parvenir.
Je vous remercie de votre attention. »